Le 21 octobre passé, la Banque nationale suisse (BNS) publiait son Bulletin mensuel de statistiques économiques. Une publication qui a le mérite de fournir un des rares indicateurs sur l’état de la gestion de fortune en Suisse, qui plus est s’agissant des dépositaires domiciliés à l’étranger (ici). Et la tendance – déjà décrite ici – semble se prolonger: les fonds étrangers augmentent en Suisse.
En effet, à fin août 2009, 2’373 milliards de francs suisses appartenant à des titulaires étrangers étaient déposés dans les banques de la place financière helvétique, soit le niveau de septembre 2005. Il s’agit là du septième mois de hausse consécutive. Depuis fin février, les banques suisses ont vu une augmentation des avoirs étrangers de près de 290 millions de francs suisses (+ 13.8%, voir le graphique ici). A lire toujours les chiffres de la BNS, la hausse provient essentiellement des titres en actions déposés dans les coffres des banques suisses. Enfin, si l’on ajoute aux fonds étrangers les avoirs des titulaires installés en Suisse, le montant total des dépôts sous gestion se monte à 4’208 milliards de francs suisses.
A ce rythme-là, le montant des avoirs déposés dans les banques suisses frôlera donc, à la fin de l’année, le niveau d’avant l’effondrement de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008.
Mercredi 28 octobre, Steve Rubinstein devrait le premier client d’UBS a être condamné pour avoir omis de déclarer au fisc américain une grosse partie de sa fortune cachée dans la grande banque suisse. Selon Reuters, celui-ci cherche à obtenir une réduction de sa peine. Comment? Grâce à «l’assistance substantielle» qu’il a fournit à la justice américaine. Une assistance qualifiée de : «opportune, significative, utile, véridique, complète et fiable».
Pour mémoire, Steve Rubinstein, comptable de métier, avait été arrêté en avril 2009 avant d’être relâché sous caution. Il est accusé d’avoir caché 6 millions de dollars au fisc de l’Oncle Sam. C’est notamment au travers de la foire Art Basel, financée par UBS à Miami, que cet Américain, aussi porteur d’un passeport sud-africain, gardait contact avec les conseillers de la grande banque et ce, jusqu’en 2008. Celui-ci pourrait écoper de deux ans de prison. Réponse mercredi.