Le 31 mai, les Commissions de gestion (CdG) du Parlement livraient un rapport accablant sur l’action des autorités fédérales dans le dossier UBS. Depuis, les enseignements de ce travail ont disparu des préoccupations des élus, la faute à l’accord UBS entre Berne et Washington. C’est différent du côté de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la Finma. Un surveillant des banques répondra à ce rapport très critique à son égard. Quand? «Vite. Tout sera sur la table avant le début de l’été», jure son porteparole, Alain Bichsel.
Entre autres lacunes, les CdG pointent un «manque d’indépendance de la Finma». Exemple? Le 18 février 2009, elle publiait un résumé d’un rapport blanchissant les dirigeants d’UBS dans l’affaire de fraude fiscale aux Etats-Unis. Or, ce rapport et ses conclusions reposaient sur une enquête interne de la grande banque elle-même. Logiquement, les CdG demandent désormais à la Finma de diligenter une vraie enquête sur les anciens patrons de la banque aux trois clés.
Si Alain Bichsel ne se prononce pas sur les recommandations des CdG, il n’exclut pas une nouvelle enquête. «Si de nouveaux éléments matériels nous étaient soumis nous changerions de position.» A l’instar des documents que la justice américaine a rendu publics dès février 2009? «Oui, pourquoi pas.» Reste à savoir pourquoi la Finma ne bouge pas depuis plus d’un an. Un bien grand mystère.
Mais le chargé de communication de la Finma rappelle aussi les moyens limités de son institution, un point aussi critiqué par les CdG. A ce propos, Urs Roth, président du comité exécutif de l’Association suisse des banquiers (ASB), donne raison aux CdG. «Durant la création de la Finma, nous avons dit qu’il fallait un surveillant fort, capable de recruter des spécialistes de haut niveau et d’être concurrentiel au niveau salarial.» Et aujourd’hui? «La situation n’est pas entièrement favorable, mais elle s’est nettement améliorée en cinq ans.» Une preuve? Ce 1er janvier, Mark Branson reprenait la division banques de la Finma. Un Britannique qui, jusqu’à cette date, avait fait dix ans de carrière… à UBS.
© L’Hebdo, 10.06.2010.