Les chiffres de l’explosion de la dette américaine

Après la dégradation de la note de la dette américaine par Standard & Poor’s, on a plus lire ça et là des commentaires que l’explosion de cette dette publique était la conséquence directe de la crise des subprimes. C’est vrai, mais pas que.  Lire la suite

Rapport UBS: Au pays du vide politique

«L’Hebdo» a lu les 363 pages du rapport des Commissions de gestion sur la conduite de la crise UBS. Un document accablant pour le Conseil fédéral. Ce sont des hauts commis de l’Etat qui ont fait le travail. Quant à la Finma, sa crédibilité est sérieusement entamée.

Une nuit, du 14 au 15 octobre 2008. Voilà le temps que Moritz Leuenberger et Samuel Schmid ont eu pour s’informer et se faire un avis sur le train de mesures à plus de 60 milliards de francs qui devait sauver UBS de la faillite. Moins chanceuse, une délégation parlementaire a eu quelques heures pour y réfléchir, le 15 au matin. Un jour plus tard, le tout était ficelé. La morale? Question bancaire, les responsables politiques entérinent ce que, durant des mois, quelques technocrates – dont certains éclairés – concoctent loin des élus et à l’abri des regards.

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Espagne: la cure d’austérité, version socialiste

Deux minutes et 15 milliards d’euros d’économies dans les dépenses d’Etat. Voilà ce qu’il aura fallu, le 12 mai, au chef du Gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero, pour détailler devant son Parlement la cure d’austérité que va subir son pays. Des coupes drastiques qui s’ajoutent à celles, déjà annoncées en janvier, de quelque 50 milliards. A ce jour, la dette publique espagnole s’élève à 53,2% du produit intérieur brut (PIB), contre 115,1% pour la Grèce. Une dette détenue à 63,6% par des banques, assurances et fonds étrangers, en grande partie allemands et français.

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Grèce: Régime sec pour sauver l’euro

Crise. Les Européens, le FMI et Athènes ont trouvé un accord. Ce sera l’austérité pour défendre l’euro.

Dimanche 2 mai, les 16 pays de la zone euro, le Fonds monétaire international (FMI) et le Gouvernement grec ont ficelé un plan d’aide qui doit éviter la faillite à Athènes. Au total, le plan se monte à près de 110 milliards d’euros (160 milliards de francs), dont une trentaine vient des coffres du FMI. Très sévère à l’égard des autorités grecques, Berlin contribue au plan pour 22 milliards d’euros. Lundi soir à Paris, la quasi-majorité de l’Assemblée nationale a accepté d’allonger 16,8 milliards d’euros sur trois ans.

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Dette grecque: une Suisse si solidaire…

Jeudi 25 mars, le Conseil fédéral, par la voix de Doris Leuthard, envisageait d’apporter son aide à la Grèce. En se gardant de toute ingérence dans les affaires de l’Union européenne et des membres de la zone euro. Un geste totalement désintéressé? Non. Contre la hausse du franc face à la monnaie européenne, la Banque nationale suisse (BNS) pourrait placer des euros achetés sur les marchés dans des obligations d’Etat grecques. Histoire aussi de faire du profit, ces obligations rapportant près de 6% l’an. Ni la BNS ni Doris Leuthard n’ont eu cette idée, ou n’osent le dire. A l’inverse de Daniel Lampart, économiste en chef de l’Union syndicale suisse et membre du conseil de banque de la BNS. Une façon d’exprimer sa solidarité et son internationalisme sûrement.

Le Portugal, lessivé par la crise (reportage)


Reportage. Chômage, retraites menacées, austérité budgétaire et industrie à l’agonie. Depuis 2008, le Portugal, comme la Grèce, subit la crise. Et alimente la migration vers la Suisse.

Par deux fois, le portable vibre sur la table et avertit que les Lisboètes du Benfica marquent contre les Berlinois du Herta. «Des copains au pays m’informent», s’excuse, soulagé, Helder Calixto dans un café lausannois. Arrivé à l’âge de 11 ans en Suisse, ce Portugais avait tenté en 1999 le retour au pays. Raté. Avec sa famille, il a quitté voici deux ans son «village d’immeubles moches» planté en face de Lisbonne, de l’autre côté du Tage. Et a retrouvé les eaux du Léman pour travailler comme informaticien à l’Ecole cantonale d’art du coin. Le confort d’ici lui manquait, la nonchalance lusitanienne l’excédait et, surtout, la crainte de perdre son job du jour au lendemain le minait. «Quand je parle avec mes amis là-bas, j’ai bien fait. Ils veulent que je leur trouve un boulot ici», rigole le benfiquista alors que son téléphone s’agite. A la fin de la causette, Benfica a fait encore trembler la cage de son rival allemand à deux reprises, de quoi poursuivre son aventure en Europa League de football. Ici démarre une autre aventure en direction de l’Euroland, zone monétaire en pleine crise à Athènes, à Madrid et, depuis peu, à Lisbonne.

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Euroland: zone de turbulences


L’économiste Jacques Sapir analyse les effets de la crise grecque sur l’euro. Le besoin de réformes de l’Union monétaire européenne est aigu. Sinon, il faudra s’attendre au pire.

En Europe, l’intervention des gouvernements pour sauver le secteur financier a conduit à une explosion des déficits publics et à un accroissement de la dette. Dans les pays de la zone euro, cette dette s’est accrue de 26,7% depuis 2007. Cette année, selon les prévisions d’Eurostat, la Belgique, la Grèce et l’Italie verront leur endettement frôler la richesse produite en un an par leurs économies (voir infographie). Résultat, les marchés financiers rechignent à acheter cette dette souveraine, imposent des taux d’intérêt de plus en plus élevés aux débiteurs et spéculent sur le premier pays de cette zone qui fera défaut.

Ce mois-ci, la Grèce en fait l’expérience. Sa population risque une cure d’austérité d’une ampleur rare. Une menace qui pèse désormais sur l’Espagne – qui préside actuellement l’Union européenne –, le Portugal et l’Italie.

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Euroland et endettement public

La Grèce et le niveau de sa dette publique ont été au cœur de l’actualité en février. Néanmoins, d’autres pays lourdement endettés, à l’instar de l’Italie, devraient susciter bien plus d’inquiétudes chez les dirigeants de l’Euroland. Infographie.

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Les dépôts de titres étrangers dans les banques suisses frôlent les 2500 milliards de francs

Depuis la fin du mois de février, l’argent étranger revient dans les coffres de la place financière suisse. Une tendance que nous avions déjà évoquée à plusieurs reprises (ici ou ici) et qui perdure ainsi sur les sept derniers mois. Fin septembre, le montant total s’élevait à 2’428 milliards de francs suisses. Lire la suite

Contre la crise: le prêt de salariés

Grâce à une solution inédite, les partenaires sociaux vaudois ont sauvé 150 emplois.

Paradoxalement, des entreprises peinent toujours à recruter du personnel qualifié. Et ce, malgré la crise et le recul des commandes. En terres vaudoises, patrons du secteur industriel et syndicats ont lancé un projetpilote: troquer des employés durant quelques mois. Depuis février, a appris L’Hebdo auprès des partenaires sociaux, près de 150 postes de travail ont été préservés dans le canton, soit quinze fois plus qu’espéré. Jusqu’à quand?

«Avant de passer au chômage partiel ou, pire, par des licenciements, notre système élaboré avec le patronat retarde l’impact de la crise», lance Yves Defferrard, secrétaire syndical chez UNIA. Mais quel est donc ce système, établi avec le Groupement suisse de l’industrie mécanique (GIM-CH)?

Compétences. Il s’agit de persuader les entreprises en manque de travail de prêter leurs salariés à leurs consœurs – voire leurs concurrentes – à la recherche de bras pour boucler leurs commandes. Sans changement de contrat de travail, ni de salaire. Pour ce faire, un numéro payant (0900 000 120) a été activé afin que les entreprises du canton annoncent offres et besoins.

Pour Yves Defferrard et Frédéric Bonjour, secrétaire général du GIM-CH, «on sauvegarde les compétences tout en évitant les licenciements». Et surtout, ce projet évite jusqu’ici de faire les mêmes erreurs que par le passé. «Lors de la dernière crise, au début de 2000, les patrons avaient licencié d’un coup. Les compétences s’étaient alors envolées et, avec la reprise, le coût de réembauche avait explosé», explique encore le syndicaliste vaudois.

Pas les PME. Frédéric Bonjour tire son chapeau à UNIA. «Leur travail est positif». Mais il y a un hic. «L’échange de compétences a lieu entre grandes entreprises, celles qui ont un service de ressources humaines. » Bobst, Bombardier ou Matisa, par exemple. «Le bilan est donc négatif dans les PME où les petits patrons ne nous contactent pas», concède-t-il. Quant à l’avenir de ces échanges de compétences, le secrétaire patronal, comme chez UNIA, a des craintes: «Depuis peu, les annonces de licenciement s’amoncellent ce qui risque de casser le dispositif.» Au détriment du tissu industriel vaudois.

© L’Hebdo, 08.10.2009