
Le géant minier brésilien Vale aurait épargné trois milliards de francs d’impôts en s’installant à Saint-Prex (VD). Une opération qui lui aurait permis de rapatrier au moins 40% de ses profits sur les bords du Lac Léman.
Archives de la Catégorie Paradis fiscaux
Vale attaquera la décision fiscale suisse
Le Delaware, cette tarte à la crème

Wilmington, Delaware
Chouette, le Delaware est de retour! Il y a trois ans, le (méchant) Etat américain était flingué à tout va dans la presse helvétique. Banquiers (renseignés), politiciens (éclairés), journalistes (orientés) et autres commentateurs (informés), tous lançaient un argument type «Guerre des boutons»: les yankees nous attaquent mais eux aussi ont un paradis fiscal… le Delaware! Nananère!
Chagaev: des contrats occultes à Neuchâtel Xamax

Supporters de Neuchâtel Xamax à la Maladière
Des joueurs et entraîneurs de Xamax ont été sous contrat non seulement avec le club, mais aussi avec une société offshore appartenant à Bulat Chagaev. Or, ces contrats, qui se chiffrent en centaines de milliers d’euros, sont proscrits par la Swiss Football League et peuvent tomber sous le coup de la loi. Lire la suite
1348 milliards de richesse
Stratosphérique. En 2007, la fortune des contribuables s’élevait à 1348 milliards de francs et quelques dizaines de millions. Un chiffre publié avec discrétion par l’Administration fédérale des contributions (AFC) et qui équivaut à 22 fois le budget de la Confédération helvétique. A eux seuls, 86 126 individus – soit la population du canton de Schaffhouse – possédaient la moitié de la fortune du pays, près de 647 milliards de francs. Lire la suite
Les paradis fiscaux expirent lentement
Voici un an, le G20 et l’OCDE déclenchaient une lutte à géométrie variable contre les paradis fiscaux. Pour la Suisse, l’année 2011 sera celle de tous les dangers.
A lire les commentateurs, la place financière suisse est à genoux, laminée par les assauts extérieurs. Plus rares sont ceux qui soulignent qu’elle conserve de beaux restes. Et rien n’indique qu’elle a cédé sa première place dans la gestion offshore (voir infographie et dossier complet de L’Hebdo en format pdf). En 2009, selon la Banque nationale suisse, les dépôts étrangers ont augmenté pour totaliser 2410 milliards de francs (contre 2180 milliards, en 2008). Et ses rivales? Londres et ses relais dans la Manche et dans les Caraïbes, ainsi que les centres offshore asiatiques comme Singapour ou Hong Kong, tous attestent aussi d’un afflux d’argent frais, parfois plus important que la Suisse. A croire que plus les médias parlent de paradis fiscaux, plus ils prospèrent.
«Il faut quelques années avant de mesurer les effets de cette lutte contre les paradis fiscaux au niveau international par les gouvernements du G20, mais je suis d’accord pour dire que son ambition s’est réduite au fil des mois», analyse Christian Chavagneux, coauteur d’un ouvrage récent sur les paradis fiscaux.
Jersey: les travailleurs de l’argent

(un reportage de Matthieur Ruf, dossier “Paradis fiscaux: le jeu de dupes continue)
Paradis fiscal depuis trente ans, l’île anglo-normande de Jersey vit presque uniquement de la finance internationale, notamment de l’industrie des trusts. Reportage dans un haut lieu de la «planification» fiscale.
La salle des banquets de l’hôtel Pomme d’or, en ce midi du mardi 16 mars, est comble. Carafes d’eau cristallines, serveurs en costumes blancs, cliquetis d’argenterie: la Chambre de commerce de Jersey est réunie pour son lunch périodique. Bientôt, le brouhaha s’amenuise et les regards se tournent vers l’estrade: David Warr, vice-président de la Chambre, prend la parole. «Que ceux qui veulent payer plus d’impôts lèvent la main!» Eclat de rire général. Parmi ces quelque quatre cents représentants du gratin économique et financier de l’île, une seule main se lève: celle de David Bowen, 75 ans, ancien agent de change. Un socialiste parmi les banquiers? Le regard malicieux, David chuchote une explication à ses voisins: «J’aime payer plus d’impôts: ça veut dire que je gagne plus…»
Pascal Saint-Amans: «Comme le secret bancaire, les trusts sont dans le radar de l’OCDE»
Le 2 avril 2009 à Londres, les gouvernements du G20 lançaient une offensive sur les paradis fiscaux et autres juridictions suspectées de pratiques fiscales plus ou moins douteuses. Une offensive qui n’a pas épargné la Suisse et sa place financière. Pascal Saint-Amans, en charge du dossier à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a répondu aux questions de L’Hebdo.
Après un an, quel bilan tirez-vous de vos travaux?
«Les résultats sont extraordinaires! En un an, les progrès enregistrés en matière de transparence fiscale ont été plus importants que sur toute la décennie. Des obstacles politiques et pratiques se sont levés. Mais surtout, les 91 pays membres du Forum mondial sur la transparence dont la Suisse ont compris que l’échange d’informations sur demande à des fins fiscales était un mouvement inéluctable. La compétition doit avoir lieu sur les services, pas sur le secret».
Un banquier suisse témoigne: «Je ne vois pas Singapour comme une concurrence»
L’Hebdo a recueilli le témoignage d’un banquier suisse qui a exercé pendant deux ans à Singapour. Curieusement, et alors que celui-ci avait dans un premier temps le droit de s’exprimer à visage découvert, la communication de son employeur nous a imposé l’anonymat complet.
Quand José* arrive à Singapour en septembre 2008, le monde de la finance frise la faillite. Wall Street tremble, la City aussi. En Suisse, les regards sont rivés sur UBS qui, à la mi-octobre, recevra l’aide de Berne pour survivre.
A cette époque, José regarde cela de loin. Ses premiers instants à Singapour pour une grande banque suisse, il les passe à maîtriser les caractéristiques de cette place financière. Comme «cette Bourse qui ferme entre 12 h 30 et 14 h pour laisser le temps aux traders de manger», rit-il.
Changer radicalement la politique fiscale suisse
La politique suisse en matière d’impôts doit être revue, exigent une centaine de personnalités de gauche, dont une trentaine de parlementaires. Un manifeste est lancé. Les paraphes se récoltent en attendant, qui sait, une initiative sur le sujet.
Une révolution fiscale. Voilà le souhait émis ce jeudi 19 novembre par une centaine de personnalités, issues des rangs socialistes et écologistes, des milieux syndicaux, universitaires, culturels et des organisations non gouvernementales. Une surprise aussi, tant la gauche institutionnelle ne semble pas passionnée par le sujet. Alors que l’Association suisse des banquiers fait bruyamment entendre ses propositions fiscales (lire ici), un front intérieur s’ouvre aujourd’hui. Histoire de penser l’impôt autrement.
