Mauro Dell ’Ambrogio encaisse et donne des coups

Le Parlement examine le projet de loi sur l’aide aux universités, HES et écoles polytechniques. Ces dernières s’irritent, mais le pugnace secrétaire d’Etat se défend.

La loi sur l’aide et la coordination des hautes écoles (LAHE): voilà un sacré morceau pour Mauro Dell’Ambrogio, le secrétaire d’Etat à l’Education et à la recherche (SER). Présentée par le Conseil fédéral en mai, après des mois de retard et de consultations chahutées, la LAHE ambitionne de réunir les institutions du degré tertiaire – universités, écoles polytechniques et HES – sous un même chapeau, législatif du moins. A la satisfaction du chef du SER, les commissions parlementaires en charge du dossier sont entrées en matière sur le projet. Le feu couve pourtant avant le débat au Parlement.

Depuis deux ans en effet, les critiques s’entassent sur les bureaux du successeur de Charles Kleiber au SER et de l’autre responsable du projet, Ursula Renold, directrice de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie. Premiers bailleurs de fonds, les cantons universitaires s’émeuvent ainsi d’un pilotage centralisé des hautes écoles à l’échelon fédéral. A l’UNES, la faîtière estudiantine, la LAHE, «technocratique», ne répondrait pas aux besoins des étudiants, par exemple sur la question des bourses d’étude.

Irritation. Mais, à la fin de l’été, la nouvelle version de la LAHE a suscité une volée de bois vert de la part des grands patrons qui craignent depuis longtemps que les hautes écoles spécialisées se muent en quasiuniversités débranchées du monde du travail. En effet, economiesuisse, la centrale patronale, publiait un dossier assassin sur la LAHE: l’autonomie des hautes écoles serait limitée par le fait que la LAHE instaure un Conseil des hautes écoles qui définirait le profil des institutions. Ce conseil, comme tout l’organigramme de la LAHE, consacrerait une position de force des cantons face à Berne. De sorte que le système engendrerait l’inertie, reléguant «concurrence entre hautes écoles» et «excellence» au vestiaire.

Le radical tessinois Mauro Dell’Ambrogio décode ces critiques: «Une partie de celles-ci vient des cercles proches des écoles polytechniques fédérales, qui craignent un pouvoir des cantons sur leur autonomie. » Or, jure-t-il, «ce risque a été atténué dans le projet sans ignorer totalement, d’un autre côté, le mandat de coordination entre la Confédération et les cantons exigé par le nouvel article constitutionnel». Voilà qui devrait rassurer les instances dirigeantes des écoles polytechniques.

Mais qu’en est-il du déficit de concurrence dénoncé par economiesuisse? Mauro Dell’Ambrogio tacle la faîtière: «Désirer plus de concurrence, pas de planification et des pôle d’excellence en même temps peut être contradictoire.» De telle sorte que cette mouture de la LAHE «encourage le partage des tâches dans les domaines particulièrement onéreux pour le système et la concurrence dans les autres». Les disciplines moins coûteuses, comme les sciences humaines, apprécieront le geste. Au Parlement d’en débattre.

© L’Hebdo, 09.09.2009

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