Etre riche et vivre en Suisse

Entre 2005 et 2006, la fortune des personnes installées en Suisse s’est accrue de 76,5 milliards de francs pour culminer à un total atmosphérique de 1248,1 milliards de francs. Soit, en tentant compte de l’inflation, une hausse de 18,9% depuis 2003. Des chiffres, reconnaît l’administration fiscale helvétique, qui restent en deçà de la réalité.

Fin 2006, 4,7 millions de contribuables suisses ont déclaré 1248,1 milliards de francs de fortune. Certes, mais ce chiffre masque des écarts énormes de richesse. Au bas de l’échelle, 55,7% des contribuables possédaient une fortune inférieure à 50’000 francs (voire nulle dans 25,7% des cas), leur richesse cumulée se montant à 24,4 milliards de francs. Quatre ans plus tôt, cette même classe de personnes – qui représentaient alors 58% des contribuables – détenaient, en tenant compte de l’inflation, quasiment la même richesse qu’aujourd’hui, soit 24,3 milliards de francs. Stagnation donc.

En haut de l’échelle, rien de tel. Ainsi, 8’626 personnes dont la fortune dépasse les 10 millions de francs détenaient 23,8% de la richesse du pays en 2006, à savoir 296,6 milliards de francs. Si l’on retient l’ensemble des millionnaires du pays – environ 205’000 personnes (4,2% des contribuables), alors leur richesse cumulée se monte à 733,2 milliards de francs (58,8% du total). Quatre ans auparavant, la Suisse comptait sur son territoire 165’938 millionnaires (3,7% des contribuables) dont la fortune cumulée s’élevait à 569,2 milliards de francs. Ce qui revient à dire que, dans ce segment de contribuables, la richesse s’est accrue de 28,8%! Pour les seuls 6’313 contribuables détenant plus de 10 millions de francs de fortune (0,15% des personnes fiscalisées), leur richesse cumulée s’élevait à 211 milliards, inflation comprise. Hausse dans ce segment-ci de contribuables:40,6%!

Tous ces chiffres proviennent d’un des si rares documents fournis par l’Administration fédérale des contributions sur l’état de la fortune des personnes physiques qui résident en Suisse. Publié pour la première fois en 1993 (état de la fortune de l’année 1991), ce document a connu une deuxième publication en 1999 (état en 1997) avant d’être refondu et édité de façon annuelle dès 2006. Livrée la semaine passée, sa dernière version renseigne sur l’état des fortunes du pays en 2006. Presque trois ans plus tard. Pire, il s’agit là de «sous-évaluations». En effet, l’épargne forcée constituée par les 2ème et 3ème piliers, les objets mobiliers ou encore, les assurances-vie ne sont pas pris en compte par les services fédéraux. Sans dire mot sur le fait que certains sont plus à même que d’autres de jouer de l’optimisation fiscale. Surtout ceux qui ont quelque chose à déclarer…

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