Les dépôts de titres étrangers dans les banques suisses frôlent les 2500 milliards de francs

Depuis la fin du mois de février, l’argent étranger revient dans les coffres de la place financière suisse. Une tendance que nous avions déjà évoquée à plusieurs reprises (ici ou ici) et qui perdure ainsi sur les sept derniers mois. Fin septembre, le montant total s’élevait à 2’428 milliards de francs suisses.

Tout cela tranche donc singulièrement avec les discours alarmistes des milieux bancaires et d’une grande partie des médias du pays. Que ce soit sur le secret bancaire, l’échange d’informations à fins fiscales, les négociations avec Bruxelles ou encore sur les pressions exercées sur les marges des établissements bancaires, tout concourt à ce que la place financière helvétique meurt de sa belle mort. Peut-être. Cela dit, avant de s’intéresser à ce qui sera, mieux vaut commencer par ce qui est ou – mieux – ce qui fut.

Un petit graphique tiré des dernières statistiques de la Banque nationale suisse (ici) livre quelques indications amusantes. Au lieu d’avoir le nez dans le guidon de l’actualité financière, un recul d’une dizaine d’années permet de constater que:

(1.) Jusqu’en 2004, le niveau des dépôts étrangers en Suisse plafonnait autour des 2’000 milliards de francs suisses.

(2.) Les banques suisses sont parvenues à drainer des sommes considérables nées de l’euphorie boursière. Au point où le niveau moyen des titres étrangers en Suisse oscillait entre 2’500 et 3’000 milliards de francs (environ 2’800).

(3.) Malgré l’affaire UBS, les pressions européennes (France, Allemagne et plus récemment, Italie) ou encore, l’épisode de la liste grise de l’OCDE et la mise à l’index du G20, les dépôts de titres étrangers vont – très certainement – retrouver la barrière des 2’500 milliards, voire le niveau moyen des années 2005-2008.

Conclusion: dire que la crise et les pressions étrangères n’ont pas affecté la place financière suisse est une grosse bêtise, mais dire que cette même place financière est en déclin ou risque de se fracasser la figure est aussi une belle ânerie.

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