Jean-Pierre Roth: la (grosse) prime au sortant

A la fin de l’année dernière, le Valaisan Jean-Pierre Roth se retire de la présidence de la Banque nationale suisse (BNS). Hommages et autres papiers dithyrambiques s’entassent dans les pages économiques de la presse du pays. L’homme d’obédience radicale a sauvé la «Suisse», comme l’écrivent de nombreux commentateurs. Plus que la Suisse, Jean-Pierre Roth a participé – avec une poignée d’autres – à la rescousse d’UBS. Ce mastodonte de la place financière suisse empêtré dans une procédure judiciaire américaine et une gestion calamiteuse de ses risques sur les subprimes. Et mieux que les hommages de décembre arrive aujourd’hui la prime au sortant.

Et quelle belle prime! Ainsi, la première semaine de février, Swatch Group annonçait l’arrivée de Jean-Pierre Roth dans son conseil d’administration. Et de un! Hier, c’est la fondation libéral Avenir Suisse qui restructurait son conseil. Jean-Pierre Roth intègre le conclave chargé de guider les travaux de l’officine de propagande libérale en Suisse et financée par les grandes multinationales du pays. Et de deux! Un débarquement qui se fait d’ailleurs en même temps qu’un changement à la direction du think tank et l’arrivée de Gerhard Schwarz, rédacteur en chef adjoint à la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) et grand apôtre de la pensée hayekienne. Enfin, aujourd’hui, un troisième mandat est tombé dans l’escarcelle de Jean-Pierre Roth: le conseil d’administration de Nestlé. Un horloger, un cénacle savant, un alimentaire, ne manque plus qu’une institution financière, une assurance certainement.

Fin 2003, lorsque le conseiller fédéral radial Kaspar Villiger – et actuel président d’UBS – avait démissionné de son poste, il avait retrouvé dans les mois qui suivaient trois mandats d’administrateur: NZZ, Nestlé et Swiss Life. A l’époque toujours, quelques voix s’étaient émues de ce passage du public au privé en un rien de temps. Un conflit d’intérêt? Vous n’y pensez pas. Au pire, à droite, certains s’énervaient de voir Nestlé se payer un VRP multi-cartes pour aller faire du lobbying – notamment fiscal – à Berne. Aujourd’hui, le cas du retraité Jean-Pierre Roth remue peu les esprits. Toucher au Saint-Sauveur, vous n’y pensez pas…

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