Espagne: la cure d’austérité, version socialiste

Deux minutes et 15 milliards d’euros d’économies dans les dépenses d’Etat. Voilà ce qu’il aura fallu, le 12 mai, au chef du Gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero, pour détailler devant son Parlement la cure d’austérité que va subir son pays. Des coupes drastiques qui s’ajoutent à celles, déjà annoncées en janvier, de quelque 50 milliards. A ce jour, la dette publique espagnole s’élève à 53,2% du produit intérieur brut (PIB), contre 115,1% pour la Grèce. Une dette détenue à 63,6% par des banques, assurances et fonds étrangers, en grande partie allemands et français.

De quoi sera faite cette cure d’austérité? De coupes sur les retraites, les salaires du secteur public, l’argent pour la coopération au développement, les investissements ou encore, symbole des réformes sociales du Gouvernement Zapatero depuis l’été 2007, l’aide à la maternité (un «chèque bébé» de 2500 euros à chaque naissance). Tout y passe sauf – pour l’instant encore – les indemnités aux chômeurs dans un pays où timbre un travailleur sur cinq. Un record européen.

En réaction, les fonctionnaires descendront dans la rue le 8 juin. Ceux-ci font en effet les frais de ces énièmes mesures de rigueur: en moyenne, une diminution de 5% de leur traitement salarial et un gel des rémunérations dès 2011. Les marchés financiers ont été hésitants sur les promesses madrilènes. Ce lundi 17 mai, Patrick Arthus, économiste chez Natixis, a estimé dans Le Monde que ces mesures réduiront le déficit à 8% du PIB en 2011. Et non à 5% comme le jure Madrid. Quant à l’objectif de 3% en 2013, il paraît optimiste, voire franchement fantaisiste à lire la presse financière anglosaxonne.

«Il arrivera un moment où l’on se rendra compte que les déficits seront supérieurs à ce qui a été annoncé (…). Si [les marchés] le prennent mal, et arrêtent de prêter à l’Espagne, on entrera dans une crise plus grave, qui n’épargnera aucun pays», ajoute l’économiste français. Il ne restera alors à Madrid qu’à frapper à la porte de Bruxelles et à celle du FMI. Sauf à vouloir serrer la vis de nouveau. L’euro n’est donc pas encore sorti de l’auberge espagnole.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s