Après le Conseil fédéral, la retraite capitalisée

Reconversion. Depuis des décennies, des conseillers fédéraux bourgeois à la retraite ont pour coutume de passer dans l’économie privée et ses prestigieux conseils d’administration.

Une tradition. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, bien des conseillers fédéraux à la retraite deviennent administrateurs d’une ou plusieurs grandes firmes du pays. A condition d’être du bon bord. Car ce privilège revient surtout à un libéral-radical, parfois à un démocratechrétien, plus rarement à un démocrate du centre. Et en dehors du bloc bourgeois, point de retraite dans un conseil d’administration. Hans-Rudolf Merz prolongera-t-il la coutume? Son passé en fait un client parfait.

Walther Stampfli (PLR), Rodolphe Rubattel (PLR), Max Petitpierre (PLR), Paul Chaudet (PLR), Hans Schaffner (PLR), Nello Celio (PLR), Ernst Brugger (PLR), Fritz Honegger (PLR), Rudolf Friedrich (PLR), Flavio Cotti (PDC), Kaspar Villiger (PLR) ou Joseph Deiss (PDC), tous ces magistrats ont obtenu des sièges dans des conseils d’administration après leur carrière politique. De même que le salaire qui va avec. Ainsi, en 2007, Kaspar Villiger gagnait-il avec trois mandats – Nestlé, Swiss Re et Neue Zürcher Zeitung (NZZ) – environ 950 000 francs.

Car les sièges convoités ne sont pas ceux de n’importe quelle firme qui, en retour, profite de l’exceptionnel carnet d’adresses d’un conseiller fédéral. Y figurent les grands noms de la banque, de l’assurance, de l’industrie lourde et pharmaceutique ou de l’horlogerie. Exemple unique dans la presse, la NZZ peut se vanter de compter un ancien conseiller fédéral dans ses administrateurs de façon quasi constante depuis les années 1960. De nos jours, le poste est d’ailleurs à repourvoir après le transfert de Kaspar Villiger à la présidence d’UBS – avec un revenu de 850 000 francs – voici un an. Politicien tardif, Hans-Rudolf Merz a œuvré pour UBS et a administré une trentaine de sociétés dont la financière Anova Holding, l’assureur Helvetia ou l’industriel Huber & Suhner. A l’instar d’un Stampfli, d’un Celio ou d’un Villiger, amorcera-t-il son retour vers l’économie après un détour au Conseil fédéral? Les paris sont ouverts et la réponse tombera dès le mois de novembre.

Source: Base de données des élites suisses au XXème siècle (Université de Lausanne) et L’Hebdo.

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