Qui contrôle Swissmedic?

Suite à l’enquête de Temps Présent et de la cellule Enquêtes de la TSR, un constat apparaît: la faiblesse des contrôles internes effectués par Swissmedic sur les déclarations d’întérêts remplies par ses experts. Explications.

«Swissmedic applique un contrôle strict des déclarations d’intérêts», jure Christine Beerli, présidente du Conseil de l’institut. Vendredi 10 juin, un cas de déclaration imparfaitement remplie a été renvoyée à son expéditeur par ce même Conseil. «Une fois celle-ci dûment complétée, nous dirons si cette personne peut faire partie des experts de Swissmedics». Reste qu’à la lumière des documents en possession de la TSR, les contrôles effectuées par l’Institut manquent parfois leur cible. Quelques exemples:

• Le Professeur Jürg Messerli déclare ne pas avoir d’intérêts financiers en lien avec une industrie pharmaceutique. Pourtant, il annexe à sa déclaration son portfolio d’actions qui contient pour 316’688 francs d’actions Roche et 109’710 francs d’actions Novartis. Aucune correction de sa déclaration d’intérêt n’a été demandée par Swissmedic.

• Contre rémunération, le Professeur Christoph R. Meier indique avoir effectué en 2009 des études d’évaluation pour deux entreprises, Nycomed et Takeda. Aucun montant ne figure sur sa déclaration. Son institution collabore aussi avec Actelion, AstraZeneca, Galderma, Merck, Merck-Serono, Novartis, Nycomed, Roce, Solvay et Takeda. Là encore, aucun détail n’est fourni sur le type, la durée ou le montant de ces collaborations.

• Plusieurs professeurs déclarent recevoir des financements de l’industrie privée pour des activités de recherche, de formation et de participation à des colloques et autres conférences. Le montant et la durée de ces financements ne sont que rarement indiqués. De même que le nom des bailleurs de fonds.

Confrontée à ces exemples, Christine Beerli conteste que «ces déclarations ne sont pas complètes». Elle reconnaît un «manque de précision» ce qui à l’avenir sera corrigé, notamment s’agissant de la détention d’actions de sociétés pharmaceutique. Comme au niveau européen, «un plafond entre 3% et 5% d’actions d’une firme pharmaceutique devrait être instauré».

Ron Hochuli et Yves Steiner

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