La BNS et le marché des hypothèques à risque

Beaucoup se posent la question de savoir si l’intervention de la Banque nationale suisse (BNS) mercredi dernier aura un impact sur le marché immobilier et l’ampleur exacte du phénomène. Et nombreux font l’hypothèse qu’une baisse du taux hypothécaire aura lieu avec comme résultat, un boom des émissions d’hypothèques. Dans un marché immobilier déjà tendu dans certaines régions, la BNS ne vient-elle pas de donner un joli coup de pouce à une bulle immobilière?

La réponse viendra dans quelques mois. Pour l’heure, il est un autre point intéressant. Depuis plus de deux ans, la BNS et ses deux principaux membres du Directoire, Philipp Hildebrand et Thomas Jordan, s’alarment du comportement des banques sur le marché immobilier. En 2009 et en 2010, la BNS publiait une statistique rudement éclairante sur ce comportement à risque. Cette statistique – un sondage effectué par la BNS sur des banques représentant 61% du marché hypothécaire – recensait le volume des hypothèques émises par les banques en dessous des conditions internes usuelles. En gros, elle comptabilise les hypothèques accordées en dérogeant, et j’insiste, aux règles internes des banques elles-mêmes. Car durant ce même temps, la BNS – ou la FINMA qui contrôle les établissements bancaires, ou le Conseil fédéral – n’a proposé de réforme pour encadrer ces règles d’émission. L’autorégulation bancaire suffit, c’est ainsi.

Parmi ces fameuses règles internes, une condition importante: les 20% de fonds propres que le futur client devra verser pour débloquer l’émission d’une hypothèque. Les chiffres de la BNS sont très éclairants. Le volume en question a connue une hausse de 227% entre 2006 et 2009. Fin 2009, ces «hypothèques (un peu plus) à risque» représentait un total de 5,9 milliards.

Malheureusement, cette statistique qui se trouvait dans le rapport de la BNS sur la stabilité financière s’est arrêtée dans la livraison 2010 dudit rapport. Aucune trace de celle-ci dans sa version 2011, livrée en juin dernier à un moment où Philipp Hildebrand s’alarmait dans plusieurs interviews données à la presse alémanique.

Renseignements pris auprès de la BNS, le sondage en question n’existe plus. Alors fini de surveiller ce marché des hypothèques à risques? Bien sûr que non. Sauf que la BNS a décidé d’améliorer sa statistique sur le sujet, mais pas de chance les chiffres de l’année en cours ne seront plus compatibles avec les anciennes données… Comme on dit, le mieux est l’ennemi du bien.

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