Les chiffres de l’explosion de la dette américaine

Après la dégradation de la note de la dette américaine par Standard & Poor’s, on a plus lire ça et là des commentaires que l’explosion de cette dette publique était la conséquence directe de la crise des subprimes. C’est vrai, mais pas que. 

Vendredi passé, Standard & Poor’s dégradait la note de la dette américaine de AAA à AA+. L’agence de notation avait annoncé en avril que ses perspectives sur cette note étaient à la baisse. En gros, cela ne devait surprendre personne. D’autant plus que l’agence mettait déjà en cause la difficulté de forger un consensus entre le Congrès et la Maison blanche sur le sujet. Dans les commentaires, peu se sont amusés à décrypter le pourquoi de l’explosion de cette dette qui dépasse les 14’000 milliards de dollars. Dommage, car ce n’est pas inintéressant, mais commençons par quelques nuances.

D’une part, à l’instar des Etats-Unis, d’autres Etats ont une dette qui dépasse le 100% du PIB, y compris des membres du G8 comme le Japon ou l’Italie (229% et 120%). Ensuite, tant qu’il y a des acheteurs de cette dette, pas besoin de céder à la panique. Enfin, il ne faut jamais oublier que la dette n’est pas un «mal en soi», surtout pour celui qui touche intérêts et remboursement du principal.

Maintenant, les causes de l’explosion. Elles sont, au moins, au nombre de trois. La plus citée est, bien sûr, le coût du sauvetage du système financier par les deniers publics américain. Pour le seul plan Obama, on avoisine les 1000 milliards de dollars. Un chiffre qui date du printemps 2008 et que des économistes ont déjà revus plusieurs fois à la hausse. En gros, on serait aujourd’hui au double.

Deuxième cause, le coût de la guerre en Irak et en Afghanistan. Le bon vieux temps où Rumsfeld et les Républicains parlaient en dizaines de milliards fait sourire. Selon la Cour des comptes américaine, ces guerres auraient coûté entre 1560 et 1880 milliards. John Stiglitz, Prix Nobel d’économie, parle, lui, d’un total de 3000 milliards.

Enfin, troisième cause rarment évoquée: l’incapacité des Etats-Unis a levé sérieusement des impôts auprès des grandes entreprises. Ainsi, selon le New York Times, General Electric ne pait pour ainsi dire pas d’impôts fédéraux… Au total, sur les 120 milliards d’impôts que les sociétés américaines versent mondialement, un peu plus du dixième terminent  dans les caisses de Washington, soit 16 milliards. En comparaison, leurs bénéfices s’élèvent à 700 milliards de dollars par an. En cause: l’installation de leurs multiples succursales dans des paradis fiscaux et l’usage intensif des prix de transfert pour optimiser l’impôt. Manque à gagner pour les Etats-Unis: une quarantaine de milliards par an, 400 sur dix ans.

Entre 2000 et 2010, la dette publique américaine a augmenté, selon le FMI, de quelques 8000 milliards de dollars. Sur cette facture, entre 3000 et 5400 milliards, proviennent des coûts de la guerre, de la crise des subprimes et du manque à encaisser fiscal de l’Etat sur les grandes firmes. Et non, comme on a pu le lire, des dépenses dispendieuses du plan santé de Barack Obama qui, pour l’heure, a coûté moins de 200 milliards de dollars…

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