Sperisen: demande de récusation du procureur Bertossa

EXCLUSIF. Les avocats de l’ex-chef de la police civile guatémaltèque, Erwin Sperisen, réclament la récusation du procureur en charge du dossier, Yves Bertossa. En cause, ses liens passés avec l’association TRIAL qui a déposé deux dénonciations en 2008 et 2009 contre leur client. Demain aprs-midi, le Tribunal des mesures de contraintes dira si Erwin Sperisen, soupçonné d’exécutions extrajudiciaires dans son pays, doit être maintenu en détention.

Dans un entretien à la RTS, Me Giorgio Campà, défenseur d’Erwin Sperisen, demande la récusation du procureur Yves Bertossa. «Notre demande est déposée, nous attendons la réponse du Tribunal des recours». Document en main, l’avocat genevois pointe une publication de l’association TRIAL où elle «remercie» le procureur d’avoir relu des textes juridiques. «Le problème est que TRIAL est le fer de lance de ceux qui dénoncent mon client depuis 2008». Contacté par la RTS, le procureur Yves Bertossa n’a pas souhaité commenté.

Avec son confrère Me Florian Baier, Me Giorgio Campà s’irritent encore de ne pas avoir eu accès au dossier, ni au procès-verbal d’interrogation d’Erwin Sperisen.

Pour mémoire, Erwin Sperisen, chef de la police nationale civile du Guatemala entre août 2004 et mars 2007, est soupçonné d’avoir été impliqué dans plus d’une dizaine d’assassinats. Des exécutions extrajudiciaires selon plusieurs ONG – dont l’association TRIAL – mobilisées sur ce dossier depuis quatre ans. En 2008 et 2009, ces mêmes ONG ont dénoncé l’ex-policier au Procureur de Genève, ville où il réside depuis sa fuite du Guatemala en 2007.

Témoin-clé à Genève

Depuis lors, Erwin Sperisen, binational suisse-guatémaltèque, coulait des jours heureux à Genève. Avec son épouse, une ancien diplomate, et son père, ambassadeur du Guatemala à l’Organisation mondiale du Commerce, il résidait dans les murs de la Mission guatémaltèque au cœur de Genève. Un lieu où il bénéficiait de l’immunité diplomatique. Jusqu’à vendredi où ce dernier a été arrêté dans un supermarché. «Une arrestation à la genevoise, c’est-à-dire virile et sans manières», selon les termes de son avocat.

Longtemps critiquée par des ONG comme TRIAL ou Amnesty International, la justice genevoise a repris ce dossier en avril 2011 par le biais d’une commission rogatoire envoyée au Guatemala. Fin 2011, les éléments remis par la justice guatémaltèque ont convaincu le Parquet de Genève d’aller de l’avant. Mais selon une information de la RTS, c’est l’existence d’un témoin-clé qui a accéléré le dossier. Actuellement à Genève, cette personne dont l’identité demeure secrète a été entendue hier par le procureur Yves Bertossa.

En raison du risque de fuite, le Parquet de Genève a demandé samedi soir le maintien en détention du prévenu. Une mesure à laquelle s’opposent ses deux avocats. Le Tribunal des mesures de contraintes statuera lundi après-midi si l’ex-policier doit rester sous les verrous.

Yves Steiner, (c) RTS 2012

Le sujet du 19:30 et l’interview de Philip Grant (TRIAL)

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