BNS: la mesure d’une décision

L’unanimité règne chez les commentateurs, experts et autres économistes. En fixant un taux plancher au franc par rapport à l’euro, la Banque nationale suisse (BNS) fait un pari risqué. Dans les risques les plus cités par les experts, on rappelle une hausse possible de l’inflation à moyen terme – en agitant le spectre du début des années 80 avec un compteur qui frôlait les 7% après la fixation du cours du franc au mark allemand en 1978 –, des pertes en milliards au bilan de la BNS (et donc, adieu les versements aux collectivités publiques) et une aggravation de la bulle immobilière en certaines régions suisses. Côté syndical, la mesure de mardi est saluée, mais elle risque de ne pas suffire à contenir la destruction d’emplois dans le secteur des exportations ou de presser sur la tête des employés, contraints de travailler plus ou de voir leurs salaires tomber en euros. Pourtant, de ces avis d’experts, je n’ai pas encore lu – cela m’a échappé – une mesure « simple » du coup de poker pris par la BNS.  Lire la suite

La Banque nationale suisse à l’épreuve de la critique

La Banque nationale suisse a acheté des euros par milliards. Bien trop, fustige une majorité d’experts notoirement proches de l’institution. Que cache cette fronde soudaine?

La Banque nationale suisse (BNS) perdrait-elle de sa superbe? Depuis l’été, les critiques s’abattent sur la politique d’une institution tant habituée aux louanges depuis deux ans. Un déluge qui émane d’universitaires et d’ex-cadres de la BNS. Un déluge qui tombe alors que les grandes banques fustigent les velléités de réformes du secteur lancées par la BNS. Tout cela donne l’impression que les premiers mois de Philipp Hildebrand à la tête de la banque virent à l’aigre et que, disent ses détracteurs, cela n’ira pas sans casse si sa politique ne change pas vite.

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Espagne: la cure d’austérité, version socialiste

Deux minutes et 15 milliards d’euros d’économies dans les dépenses d’Etat. Voilà ce qu’il aura fallu, le 12 mai, au chef du Gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero, pour détailler devant son Parlement la cure d’austérité que va subir son pays. Des coupes drastiques qui s’ajoutent à celles, déjà annoncées en janvier, de quelque 50 milliards. A ce jour, la dette publique espagnole s’élève à 53,2% du produit intérieur brut (PIB), contre 115,1% pour la Grèce. Une dette détenue à 63,6% par des banques, assurances et fonds étrangers, en grande partie allemands et français.

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Dette grecque: une Suisse si solidaire…

Jeudi 25 mars, le Conseil fédéral, par la voix de Doris Leuthard, envisageait d’apporter son aide à la Grèce. En se gardant de toute ingérence dans les affaires de l’Union européenne et des membres de la zone euro. Un geste totalement désintéressé? Non. Contre la hausse du franc face à la monnaie européenne, la Banque nationale suisse (BNS) pourrait placer des euros achetés sur les marchés dans des obligations d’Etat grecques. Histoire aussi de faire du profit, ces obligations rapportant près de 6% l’an. Ni la BNS ni Doris Leuthard n’ont eu cette idée, ou n’osent le dire. A l’inverse de Daniel Lampart, économiste en chef de l’Union syndicale suisse et membre du conseil de banque de la BNS. Une façon d’exprimer sa solidarité et son internationalisme sûrement.

Euroland: zone de turbulences


L’économiste Jacques Sapir analyse les effets de la crise grecque sur l’euro. Le besoin de réformes de l’Union monétaire européenne est aigu. Sinon, il faudra s’attendre au pire.

En Europe, l’intervention des gouvernements pour sauver le secteur financier a conduit à une explosion des déficits publics et à un accroissement de la dette. Dans les pays de la zone euro, cette dette s’est accrue de 26,7% depuis 2007. Cette année, selon les prévisions d’Eurostat, la Belgique, la Grèce et l’Italie verront leur endettement frôler la richesse produite en un an par leurs économies (voir infographie). Résultat, les marchés financiers rechignent à acheter cette dette souveraine, imposent des taux d’intérêt de plus en plus élevés aux débiteurs et spéculent sur le premier pays de cette zone qui fera défaut.

Ce mois-ci, la Grèce en fait l’expérience. Sa population risque une cure d’austérité d’une ampleur rare. Une menace qui pèse désormais sur l’Espagne – qui préside actuellement l’Union européenne –, le Portugal et l’Italie.

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