Après l’euphorie, la gueule de bois du foot romand

OPINION. Cet été, bien des voix se réjouissaient du retour dans l’élite du football suisse de Lausanne Sport et de Servette. De beaux discours, avant la tempête. Est-il besoin de revenir sur le feuilleton de Neuchâtel Xamax et de son propriétaire, le prévenu Bulat Chagaev? Aujourd’hui, et pour la première fois depuis la reprise du club ce printemps, la Swiss Football League (SFL) est intervenue sur ce dossier. Sa décision: un retrait de 4 points. Et ce n’est peut-être qu’un début, vu que deux autres procédures sont en cours auprès de la Commission disciplinaire de la SFL.

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FC Sion: six joueurs qualifiés «par erreur»

Le siège de la SFL à Muri (BE)

La Swiss Football League (SFL) a fait une boulette dans le dossier du FC Sion. Selon des documents que la TSR s’est procurés (voir ici), la SFL avait qualifié les six joueurs qui sont l’objet du litige avec le club de Christian Constantin depuis le 5 août 2011. En réalité, explique-t-on au siège de la SFL à Muri, il s’agit d’une «erreur informatique». De son côté, l’administration du FC Sion n’a jamais produit ces pièces devant les différentes instances appelées à statuer sur le dossier. Cette énième péripétie tombe alors que, sur le fond de l’affaire, la Commission de discipline de la SFL se prononcera la semaine prochaine. Enjeu: un éventuel retrait de 16 points pour le club sédunois. Lire la suite

Chagaev: des contrats occultes à Neuchâtel Xamax

Supporters de Neuchâtel Xamax à la Maladière

Des joueurs et entraîneurs de Xamax ont été sous contrat non seulement avec le club, mais aussi avec une société offshore appartenant à Bulat Chagaev. Or, ces contrats, qui se chiffrent en centaines de milliers d’euros, sont proscrits par la Swiss Football League et peuvent tomber sous le coup de la loi. Lire la suite

Xamax: du noir à l’anthracite

L’exaspération des Neuchâtelois et des supporters du club face au propriétaire Bulat Chagaev est maximale. L’appel au boycott lancé pour le match du dimanche 11 septembre contre Grasshoppers l’illustre avec au final, un kop des supporters bouclé et une manifestation une heure avant la rencontre. Et qui sait, peut-être que selon le résultat de la partie, Bulat Chagaev nous fera encore une fois la délicatesse d’une indélicatesse. Avec ou sans armes dans les vestiaires. Lire la suite

Neuchâtel Xamax, Bulat Chagaev et les médias

Les médias s’acharnent-ils sur Neuchâtel Xamax? Oui, selon Mario Widmer, une voix autorisée avec 30 ans de carrière comme journaliste sportif au Blick, puis comme manager de Martina Hingis. La presse suisse, écrit-il, a fait de Bulat Chagaev, le nouveau propriétaire du club, un vrai ennemi public numéro un et une cible rêvée pour les moralistes, de droite comme de gauche. Le propos ne convainc guère.  Lire la suite

Le président de Xamax au bénéfice d’un permis F

Le président désigné de Neuchâtel Xamax, le Tchétchène Islam Satujev, réside en Suisse au bénéfice d’une admission provisoire (permis F), un titre qui lui permet d’entrer sur le marché du travail. A son arrivée en été 2002, il avait déposé une demande d’asile politique. Une demande rejetée par Berne. Lire la suite

Comment Bulat Chagaev a mis la main sur Neuchâtel Xamax

Le rachat du club de la Maladière par l’homme d’affaires tchétchène agite le monde du football. Voici l’histoire secrète d’une transaction inhabituelle et le portrait de son acteur principal, un mécène mystérieux et proche du pouvoir dans son pays d’origine.  Lire la suite

Neuchâtel Xamax entre en mains tchétchènes

Après de brèves négociations, l’homme d’affaires tchétchène Bulat Chagaev a racheté le club de football Neuchâtel Xamax, est en mesure de confirmer la TSR. Le montant de la transaction n’a pas été révélé, mais dans une interview exclusive, ce proche du président tchétchène Ramzan Kadyrov évoque un rachat possible du stade.  Lire la suite

Jusqu’au bout du sifflet

Les arbitres

Au Festival de Locarno, le documentaire «Les arbitres», tourné durant l’Eurofoot 2008, a offert une incroyable plongée dans un monde méconnu.

Howard Webb, Manuel Mejuto, Roberto Rosetti ou Peter Fröjdfledt, des inconnus vers lesquels pourtant les yeux de millions de spectateurs se sont tournés lors de l’Eurofoot 2008. Sans évoquer les millions de jurons qui ont volé des gradins au gré de leurs décisions. Ces hommes, avec leur lot de rires, de doutes et d’erreurs, le Belge Yves Hinant les a filmés lors de ce championnat de football européen coorganisé par l’Autriche et la Suisse. Projeté en première mondiale au Festival du film de Locarno, le documentaire Les arbitres a provoqué des olas depuis les fauteuils des salles obscures.

Ce que décrit ce film, c’est aussi la compétition que se livrent ces hommes en noir. La moindre erreur sur le terrain est certes décortiquée par des kyrielles de commentateurs et autant d’entraîneurs assis devant leurs télévisions. Mais ces fautes sont aussi analysées par les responsables de l’UEFA, organisatrice de l’Eurofoot. Tel le Suisse Yvan Cornu, chef de l’arbitrage du foot européen et initiateur du film. Avec comme résultat, pour ceux qui se plantent, le retour au foyer. A l’instar de l’Anglais Howard Webb, sergent de police de son état. Un hors-jeu oublié sur un but de la Pologne contre l’Autriche. Puis, lors des derniers instants du même match, un généreux penalty accordé aux Autrichiens; bref, de quoi engendrer le soupçon. Comme si l’Anglais avait voulu rattraper le coup. En vain.

Produit par Jean Libon (créateur, entre autres, de Strip-Tease sur RTBF et France 3), le film sera distribué en France et en Allemagne. La première française se déroulera le 15 septembre à Paris, avant qu’un DVD ne soit offert aux lecteurs de L’Equipe Mag, cette année encore.

© L’Hebdo, 20.08.2009

[Mise à jour du 17.10.2009: Les bandes annonces du film sont ici, ou encore par ici. Mieux encore, l’interview des réalisateurs dans Sofoot d’octobre, disponible en kiosque uniquement.]

Du sang et des larmes, du foot et de la politique

Qualifié à la Coupe du Monde 2006, le Togo a sombré trop vite. Un documentaire raconte cet espoir trahi.

Ce 23 juin 2006, le Togo pleure. Dans un stade allemand à 5000 kilomètres de là, le Coq français brise les ailes des Eperviers, le onze togolais. La Coupe du Monde s’arrête net pour la bande à Emmanuel Adebayor, star togolaise et avant-centre des Londoniens d’Arsenal. Les tricoteurs africains rentreront sur leur terre avec trois matchs et autant de défaites. Pire, la Fédération togolaise de football et son équipe sont, depuis un mois, la risée des médias. Des primes de match envolées, des joueurs en grève avant la compétition et un entraîneur qui démissionne un jour, pour coacher l’équipe le lendemain. De Lomé à Sokodé, la honte s’ajoute aux larmes.

C’est cette tragédie que raconte le beau film de Pierre Morath et Nicholas Peart, tourné dans les rues de sable d’Adakpamé, un quartier pauvre de la capitale Lomé. On y croise les supporters en jaune et vert en pleines palabres. Antoine, jeune universitaire au chômage, trône là. Cette qualification incroyable du Togo à la Coupe du Monde, c’est la preuve qu’il faut y croire, que son pays n’est pas au fond du trou. Avec ceux qui se réunissent dans la salle de projection payante montée par Eloi − si sûr de faire une bonne affaire en cas de victoire des Eperviers −, l’espoir s’écroule vite. A mesure que les défaites s’enchaînent.

Même les apprentis ensorceleurs déchantent. Dans son patio, Olivier mélange en vain sang, plumes et coquillages. Avant la France, contre la Corée et la Suisse, les oracles n’ont pas aidé les Eperviers. Et, comme dans toute histoire africaine, la politique s’en mêle. Le chef de la Fédération nationale, frère du président Gnassingbé et fils de l’ancien homme fort du pays Eyadema, se remplit les poches avec les primes des joueurs, soupçonne le journaliste sportif Blaiso. Il n’est pas le seul à le croire, à l’instar de tous les Togolais dont le cœur s’était rempli d’espoir cet été-là. Les yeux gonflés, Antoine et Eloi se sentent trahis. Avec raison.

Togo. De Pierre Morath et Nicholas Peart. Suisse, 1 h 18. http://www.togo-lefilm.com

© L’Hebdo, 24.04.2008