Affaire Barcenas: cash, offshore et… Lombard Odier


EXCLUSIF. Le Parquet de Genève a ouvert une enquête sur les fonds détenus en Suisse par Luis Bárcenas, l’ex-trésorier du Parti Populaire espagnol (PP), soupçonné de corruption. Cette affaire montre le rôle  joué par la place financière genevoise et en particulier, d’une fiduciaire de la banque Lombard Odier. Entre versements en cash et structures offshore. Lire la suite

Affaire Sperisen: la mère d’une victime porte plainte

EXCLUSIF. L’ancien chef de la police nationale du Guatemala, Erwin Sperisen, écroué à Genève et soupçonné d’exécutions extrajudiciaires, est sous le coup d’une plainte pour assassinat déposée par la mère de l’une des victimes des forces de police dirigées par ce suisso-guatémaltèque, a appris la RTS.  Lire la suite

266 milliards de bénéfices ont été sous-fiscalisés en 5 ans

EXCLUSIF. La RTS a appris le montant des bénéfices des entreprises, surtout étrangères, jouissant d’un statut fiscal spécial. Entre 2005 et 2009, il s’élève à 266 milliards de francs, soit 4 fois le budget de la Confédération. Le manque à gagner fiscal frôlerait les 30 milliards pour les collectivités. Lire la suite

Berne bloque des centaines de millions d’origine ouzbèke

EXCLUSIF. Le Ministère public de la Confédération enquête sur une vaste affaire de blanchiment d’argent et de corruption en lien avec des fonds ouzbeks. Selon la RTS, des centaines de millions de francs ont déjà été bloqués dans plusieurs banques suisses depuis début août. Au centre de l’affaire, des personnes proches de la famille du président Islam Karimov. Lire la suite

Sperisen: demande de récusation du procureur Bertossa

EXCLUSIF. Les avocats de l’ex-chef de la police civile guatémaltèque, Erwin Sperisen, réclament la récusation du procureur en charge du dossier, Yves Bertossa. En cause, ses liens passés avec l’association TRIAL qui a déposé deux dénonciations en 2008 et 2009 contre leur client. Demain aprs-midi, le Tribunal des mesures de contraintes dira si Erwin Sperisen, soupçonné d’exécutions extrajudiciaires dans son pays, doit être maintenu en détention.

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HSBC Genève hébergeait les comptes du clan Ben Ali

HSBC Private Bank (Suisse) SA est au centre d’une nouvelle affaire lié aux avoirs mal acquis de l’ex-dictateur tunisien Ben Ali. Selon la RTS, les nouvelles autorités tunisiennes soupçonnent la banque d’avoir hébergé les comptes de deux sociétés offshore du clan. Des sociétés impliquées en 2008 dans une transaction immobilière qui aurait rapporté près de 130 millions de francs à l’ex-dictateur tunisien et à ses proches. A l’époque, l’acheteur est un fonds d’investissement libyen, alors contrôlé par l’entourage du Colonel Kadhafi. 

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Juifs en Suisse: une communauté écartelée

La plupart des communautés israélites de Suisse déclinent et leurs membres habitent désormais les grands centres urbains de Genève et de Zurich. Une érosion qui n’empêche pas des divisions entre Séfarades et Ashkénazes ou libéraux et traditionalistes. Radiographie.

«Si certains ont été blessés par mes mots, je m’en excuse.» Ces paroles, Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien, les a prononcées lors d’un débat public organisé par la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), la faîtière des juifs traditionalistes. C’était le 13 mai 2010. Fin 2009, le politicien avait en effet remis en cause l’octroi de cimetières aux minorités religieuses. «La sortie de M. Darbellay nous a étonnés. Surtout venant d’un parti comme le sien, habituellement tourné vers le respect des croyances et des libertés», dit poliment Sabine Simkhovitch-Dreyfus, vice-présidente de la FSCI. Mais chez d’autres Juifs suisses, la «sortie» du dirigeant démocrate-chrétien fait toujours hocher les têtes. En signe de désapprobation.

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Portrait: Suisses et juifs.

Majoritairement ashkénaze, ou à dominante séfarade, traditionalistes, ou libérales, les communautés juives de Suisse romande constituent une mosaïque vivante du judaïsme helvétique. Rencontres avec des membres de celle-ci à Genève, Lausanne et La Chaud-de-Fonds.

01. MARC ALAIN BLOCH: «Je suis un équilibriste»

Son arabica est aussi pur que ses origines ashkénazes. Né en 1950, Marc Alain Bloch, patron des cafés La Semeuse, vient d’une famille juive d’Europe de l’Est et d’Alsace, installée à La Chaux-de-Fonds depuis plus d’un siècle. Dans la cité horlogère, les Bloch fondèrent une boutique de denrées coloniales avant que ses parents n’en fassent ce symbole jaune de la torréfaction et du petit noir.

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France-Suisse: Du poil à gratter à l’entente obligée

VOISINAGE. Depuis 2008, la France de Sarkozy et la Suisse ne font plus bon ménage. Economie oblige, elles doivent cependant s’entendre.

«Jacques Chirac était un homme d’Etat. Nicolas Sarkozy est un homme politique.» Serge Cyril Vinet, créateur de la publication France Magazine et conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour la Suisse, est bien membre de l’UMP, le parti du président. Mais son cœur bat plutôt pour Dominique de Villepin, ex-premier ministre de Jacques Chirac et adversaire acharné de Nicolas Sarkozy depuis le procès Clearstream, une affaire de dénonciation calomnieuse visant des personnalités dont le chef de l’Etat. A ses yeux, il ne fait aucun doute que depuis deux ans, les relations franco-suisses se sont détériorées. «A écouter certains, la Suisse serait responsable de la crise monétaire, financière et sociale dans le monde.» Et l’ancien gérant de fortune, que le quotidien Le Monde soupçonnait il y a cinq ans de gérer l’argent de Christian Poncelet, président du Sénat, d’enchaîner: «Avant Sarkozy, il n’y avait pas de telles attaques contre le secret bancaire suisse. Chirac était plus consensuel.»

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Pour Eric Woerth, ça passe et ça cash

AFFAIRE BETTENCOURT. En Suisse, rares sont les membres de l’UMP à défendre Eric Woerth. Un homme qui, en 2007, avait récolté auprès des mêmes un demi-million de francs suisses pour la campagne du candidat Sarkozy.

A chaque jour, son lot de révélations. L’affaire Bettencourt secoue la République, l’un de ses ministres les plus en vue, Eric Woerth, et depuis mardi 6 juillet, son président Nicolas Sarkozy. Selon Mediapart et Le Monde, l’actuel locataire de l’Elysée aurait touché en toute illégalité des dizaines de milliers d’euros de l’héritière de L’Oréal pour financer son destin présidentiel. De l’argent qu’Eric Woerth, en charge du financement de cette campagne, aurait recueilli en main propre. Des enveloppes avec entre 50 000 et 150 000 euros en cash. La source citée par la presse n’est autre que Claire T., l’ancienne comptable de la société Clymène qui gère la fortune de Liliane Bettencourt. L’Elysée a beau démentir, l’enquête de Philippe Courroye, le procureur de Nanterre qui a aussi entendu Claire T., ne s’arrêtera pas de sitôt. Un épisode de plus dans cette saga politico-financière qui a le chic de passer par les bords du lac Léman et Genève.

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Fraude fiscale en Suisse: la lutte alibi

Combien d’inspecteurs fiscaux exercent leur art en Suisse romande? Et surtout que rapportent-ils? L’Hebdo dévoile les dessous d’une machine contre la fraude fiscale. Et ses limites.

«Erreurs comptables, oublis ou fraude caractérisée, nous avons de tout! De la table du salon de Madame dans les comptes de la société de Monsieur au grand classique des médecins: dix jours en vacances sur une île que l’on passe en frais de formation.» Pierre-Arnauld Fueg, chef du Service jurassien des contributions, s’amuse. Et si on ne l’arrêtait pas, l’Ajoulot énumérerait sans fin les subterfuges de contribuables indélicats pour alléger leur facture d’impôts. Autant de cas d’école glanés par ses deux inspecteurs fiscaux. Seulement deux pour 45 000 contribuables? «Nous pourrions facilement trouver du travail pour cinq inspecteurs, mais il faut le bon équilibre pour ne pas devenir un Etat policier. Reste que si le politique veut qu’un contribuable soit contrôlé tous les dix ans, alors oui, il faudrait plus de contrôleurs», avoue le juriste dont les inspecteurs ont récupéré près d’un million de francs en 2009, amendes incluses. Soit à peine 0,4% des recettes fiscales du dernier-né des cantons suisses.

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Jersey: les travailleurs de l’argent

(un reportage de Matthieur Ruf, dossier « Paradis fiscaux: le jeu de dupes continue)

Paradis fiscal depuis trente ans, l’île anglo-normande de Jersey vit presque uniquement de la finance internationale, notamment de l’industrie des trusts. Reportage dans un haut lieu de la «planification» fiscale.

La salle des banquets de l’hôtel Pomme d’or, en ce midi du mardi 16 mars, est comble. Carafes d’eau cristallines, serveurs en costumes blancs, cliquetis d’argenterie: la Chambre de commerce de Jersey est réunie pour son lunch périodique. Bientôt, le brouhaha s’amenuise et les regards se tournent vers l’estrade: David Warr, vice-président de la Chambre, prend la parole. «Que ceux qui veulent payer plus d’impôts lèvent la main!» Eclat de rire général. Parmi ces quelque quatre cents représentants du gratin économique et financier de l’île, une seule main se lève: celle de David Bowen, 75 ans, ancien agent de change. Un socialiste parmi les banquiers? Le regard malicieux, David chuchote une explication à ses voisins: «J’aime payer plus d’impôts: ça veut dire que je gagne plus…»

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Xavier Oberson, le Carlos Santana de la fiscalité suisse

Portrait. Xavier Oberson n’a rien de l’avocat coincé que l’on imagine. Cet excellent musicien est un incorrigible exalté.

Expert du Conseil fédéral sur les conventions de double imposition et professeur de droit fiscal à l’Université de Genève. Ajoutez un costume gris, et voilà de bonnes raisons pour tourner la page. Tant pis pour vous. Car derrière ce curriculum vitæ bien fait se cache une personnalité qui détonne dans le landerneau des fiscalistes suisses. Xavier Oberson vibre, bouillonne, s’exalte. Sur un dossier fiscal, mais surtout sur les «partoches» de Carlos Santana ou lors d’une jam du Montreux Jazz Festival dont il préside la Fondation 2.

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Affaire HSBC: Dans l’étau français

Vol de données confidentielles, imbroglio juridique et confrontation franco-suisse. La place financière se prépare encore un psychodrame.

L’année 2009 finira donc mal pour la place financière suisse. Après la remise de 250 noms de clients d’UBS au fisc américain en février, la fin de la distinction entre fraude et évasion fiscale en mars, un deal entre Berne et Washington pour la livraison de 4450 autres noms clients d’UBS en août et la dispute fiscale avec l’Italie depuis novembre, voilà qu’un ancien employé de la banque HSBC a transmis des données confidentielles à la justice et au fisc français. Avec des numéros de compte, des noms de clients, leurs avoirs et les historiques des transactions comptables. Après Washington, Paris ne saurait bouder son plaisir.

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