Jean-Pierre Roth: la (grosse) prime au sortant

A la fin de l’année dernière, le Valaisan Jean-Pierre Roth se retire de la présidence de la Banque nationale suisse (BNS). Hommages et autres papiers dithyrambiques s’entassent dans les pages économiques de la presse du pays. L’homme d’obédience radicale a sauvé la «Suisse», comme l’écrivent de nombreux commentateurs. Plus que la Suisse, Jean-Pierre Roth a participé – avec une poignée d’autres – à la rescousse d’UBS. Ce mastodonte de la place financière suisse empêtré dans une procédure judiciaire américaine et une gestion calamiteuse de ses risques sur les subprimes. Et mieux que les hommages de décembre arrive aujourd’hui la prime au sortant.

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Affaire UBS: Série noire

Enquête. Durant une décennie, UBS a érigé un système de fraude fiscale pour ses clients américains prodigué à grande échelle. Avant de se faire pincer, puis de s’écrouler avec la crise des subprimes dès l’été 2007. Dans les deux cas, l’Etat la sauvera. Récit.

Zurich, à deux pas de la Paradeplatz. Ce mardi 17 août 2004, la météo maussade encourage Michel Guignard et Daniel Perron à se réfugier au 16 de la Bärengasse. Au deuxième étage d’un édifice brunâtre, ils rejoignent quatre collègues d’UBS, la banque présidée depuis trois ans par Marcel Ospel. Tous officient dans la gestion de fortune transfrontalière (offshore) avec la clientèle américaine. La matinée sera instructive. A tour de rôle, quatre cabinets de conseil font un rapide topo des derniers trucs et astuces en matière de dissimulation fiscale. A la demande de la banque, lit-on sur un courrier électronique rendu public par la justice américaine, ils ont été invités «à présenter les structures et véhicules que vous recommandez à nos clients américains et canadiens qui ne désirent pas déclarer leur revenu ou leur capital à leurs autorités fiscales respectives». Une habitude? La routine, plutôt. Lire la suite

Quand les vieux sages se retirent…

Mardi dernier à Genève, Jean-Pierre Roth, le président de la Banque nationale suisse (BNS), était de passage au Centre international d’études monétaires et bancaires (CIMB), un cénacle savant hébergé par l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID). Au menu de la soirée, sa dernière conférence devant le CIMB intitulée «La crise financière s’éloigne: leçons pour l’action future des banques centrales». A l’instar de sa conférence à l’Université de Fribourg vendredi 21 novembre (le texte est ici), le future retraité, qui laissera sa place à Philipp Hildebrand le 1er janvier prochain, a livré quelques réflexions pas trop fracassantes sur le travail de la BNS et sa propre expérience en la matière. Pas de quoi fouetter un chat. Sauf sur un point: le rôle du politique en temps de crise. Et là, Jean-Pierre Roth a le mérite de la franchise: Lire la suite