Vale et la discrétion vaudoise

OPINION. Ce n’est plus un mystère. Le canton de Vaud exonère la brésilienne Vale, une multinationale logée à Saint-Prex et soupçonnée d’évasion fiscale dans son pays. L’information a été révélée par le Tages Anzeiger et 24 heures la semaine passée. Une information qui traînait dans plusieurs rédactions du pays depuis la publication du Contrôle fédéral des finances sur la surveillance lacunaire des sociétés au bénéfice de «l’arrêté Bonny». Autrement dit, les élections cantonales vaudoises, à défaut d’offrir un suspense haletant, ont eu un mérite: délier les langues. C’est du moins le cas avec Vale.

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Juifs en Suisse: une communauté écartelée

La plupart des communautés israélites de Suisse déclinent et leurs membres habitent désormais les grands centres urbains de Genève et de Zurich. Une érosion qui n’empêche pas des divisions entre Séfarades et Ashkénazes ou libéraux et traditionalistes. Radiographie.

«Si certains ont été blessés par mes mots, je m’en excuse.» Ces paroles, Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien, les a prononcées lors d’un débat public organisé par la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), la faîtière des juifs traditionalistes. C’était le 13 mai 2010. Fin 2009, le politicien avait en effet remis en cause l’octroi de cimetières aux minorités religieuses. «La sortie de M. Darbellay nous a étonnés. Surtout venant d’un parti comme le sien, habituellement tourné vers le respect des croyances et des libertés», dit poliment Sabine Simkhovitch-Dreyfus, vice-présidente de la FSCI. Mais chez d’autres Juifs suisses, la «sortie» du dirigeant démocrate-chrétien fait toujours hocher les têtes. En signe de désapprobation.

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Portrait: Suisses et juifs.

Majoritairement ashkénaze, ou à dominante séfarade, traditionalistes, ou libérales, les communautés juives de Suisse romande constituent une mosaïque vivante du judaïsme helvétique. Rencontres avec des membres de celle-ci à Genève, Lausanne et La Chaud-de-Fonds.

01. MARC ALAIN BLOCH: «Je suis un équilibriste»

Son arabica est aussi pur que ses origines ashkénazes. Né en 1950, Marc Alain Bloch, patron des cafés La Semeuse, vient d’une famille juive d’Europe de l’Est et d’Alsace, installée à La Chaux-de-Fonds depuis plus d’un siècle. Dans la cité horlogère, les Bloch fondèrent une boutique de denrées coloniales avant que ses parents n’en fassent ce symbole jaune de la torréfaction et du petit noir.

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