Un homme de Sarkozy, futur député «suisse» au Palais Bourbon?

Un proche du président Nicolas Sarkozy représentera-t-il les Français de Suisse à l’Assemblée nationale en 2012? L’an passé, la rumeur circulait dans la communauté française acquise au locataire de l’Elysée. «Dominique Paillé nous avait approchés», confirme Pierre Condamin-Gerbier, ancien président de la Délégation suisse de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). «Il nous avait été dit à l’UMP qu’il songeait à concourir pour ce poste au Palais Bourbon et je peux croire qu’il y songe encore.»

Pour la première fois en effet, les Français établis hors de France éliront des députés en 2012. Les Français de Suisse – où vit la plus grande communauté expatriée – enverront un représentant pour défendre leurs intérêts à Paris. Voilà sur quoi Dominique Paillé lorgnerait depuis un an.

Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy devenu secrétaire général adjoint de l’UMP, il officie aujourd’hui comme porte-parole du parti majoritaire aux côtés de Frédéric Lefebvre. Si sa candidature de ce côté-ci du Jura se confirmait, cela ressemblerait au parachutage d’un grand animal parisien en mal de mandat électoral vers une circonscription de province. Contacté par L’Hebdo, l’intéressé n’a pas retourné nos appels.

En attendant, la liste des papables locaux au Palais Bourbon s’allonge, surtout dans les rangs des élus à l’Assemblée des Français de l’étranger. A l’instar de Marie-Françoise d’Anglemont de Tassigny, Jean-Pierre Capelli, Claudine Schmid et Serge Vinet. Rendez-vous en 2012.

avec Philippe Le Bé, © L’Hebdo, 15.7.2010.

France-Suisse: Du poil à gratter à l’entente obligée

VOISINAGE. Depuis 2008, la France de Sarkozy et la Suisse ne font plus bon ménage. Economie oblige, elles doivent cependant s’entendre.

«Jacques Chirac était un homme d’Etat. Nicolas Sarkozy est un homme politique.» Serge Cyril Vinet, créateur de la publication France Magazine et conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour la Suisse, est bien membre de l’UMP, le parti du président. Mais son cœur bat plutôt pour Dominique de Villepin, ex-premier ministre de Jacques Chirac et adversaire acharné de Nicolas Sarkozy depuis le procès Clearstream, une affaire de dénonciation calomnieuse visant des personnalités dont le chef de l’Etat. A ses yeux, il ne fait aucun doute que depuis deux ans, les relations franco-suisses se sont détériorées. «A écouter certains, la Suisse serait responsable de la crise monétaire, financière et sociale dans le monde.» Et l’ancien gérant de fortune, que le quotidien Le Monde soupçonnait il y a cinq ans de gérer l’argent de Christian Poncelet, président du Sénat, d’enchaîner: «Avant Sarkozy, il n’y avait pas de telles attaques contre le secret bancaire suisse. Chirac était plus consensuel.»

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Pour Eric Woerth, ça passe et ça cash

AFFAIRE BETTENCOURT. En Suisse, rares sont les membres de l’UMP à défendre Eric Woerth. Un homme qui, en 2007, avait récolté auprès des mêmes un demi-million de francs suisses pour la campagne du candidat Sarkozy.

A chaque jour, son lot de révélations. L’affaire Bettencourt secoue la République, l’un de ses ministres les plus en vue, Eric Woerth, et depuis mardi 6 juillet, son président Nicolas Sarkozy. Selon Mediapart et Le Monde, l’actuel locataire de l’Elysée aurait touché en toute illégalité des dizaines de milliers d’euros de l’héritière de L’Oréal pour financer son destin présidentiel. De l’argent qu’Eric Woerth, en charge du financement de cette campagne, aurait recueilli en main propre. Des enveloppes avec entre 50 000 et 150 000 euros en cash. La source citée par la presse n’est autre que Claire T., l’ancienne comptable de la société Clymène qui gère la fortune de Liliane Bettencourt. L’Elysée a beau démentir, l’enquête de Philippe Courroye, le procureur de Nanterre qui a aussi entendu Claire T., ne s’arrêtera pas de sitôt. Un épisode de plus dans cette saga politico-financière qui a le chic de passer par les bords du lac Léman et Genève.

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