BNS: la mesure d’une décision

L’unanimité règne chez les commentateurs, experts et autres économistes. En fixant un taux plancher au franc par rapport à l’euro, la Banque nationale suisse (BNS) fait un pari risqué. Dans les risques les plus cités par les experts, on rappelle une hausse possible de l’inflation à moyen terme – en agitant le spectre du début des années 80 avec un compteur qui frôlait les 7% après la fixation du cours du franc au mark allemand en 1978 –, des pertes en milliards au bilan de la BNS (et donc, adieu les versements aux collectivités publiques) et une aggravation de la bulle immobilière en certaines régions suisses. Côté syndical, la mesure de mardi est saluée, mais elle risque de ne pas suffire à contenir la destruction d’emplois dans le secteur des exportations ou de presser sur la tête des employés, contraints de travailler plus ou de voir leurs salaires tomber en euros. Pourtant, de ces avis d’experts, je n’ai pas encore lu – cela m’a échappé – une mesure « simple » du coup de poker pris par la BNS.  Lire la suite

La Banque nationale suisse à l’épreuve de la critique

La Banque nationale suisse a acheté des euros par milliards. Bien trop, fustige une majorité d’experts notoirement proches de l’institution. Que cache cette fronde soudaine?

La Banque nationale suisse (BNS) perdrait-elle de sa superbe? Depuis l’été, les critiques s’abattent sur la politique d’une institution tant habituée aux louanges depuis deux ans. Un déluge qui émane d’universitaires et d’ex-cadres de la BNS. Un déluge qui tombe alors que les grandes banques fustigent les velléités de réformes du secteur lancées par la BNS. Tout cela donne l’impression que les premiers mois de Philipp Hildebrand à la tête de la banque virent à l’aigre et que, disent ses détracteurs, cela n’ira pas sans casse si sa politique ne change pas vite.

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Affaire UBS: Série noire

Enquête. Durant une décennie, UBS a érigé un système de fraude fiscale pour ses clients américains prodigué à grande échelle. Avant de se faire pincer, puis de s’écrouler avec la crise des subprimes dès l’été 2007. Dans les deux cas, l’Etat la sauvera. Récit.

Zurich, à deux pas de la Paradeplatz. Ce mardi 17 août 2004, la météo maussade encourage Michel Guignard et Daniel Perron à se réfugier au 16 de la Bärengasse. Au deuxième étage d’un édifice brunâtre, ils rejoignent quatre collègues d’UBS, la banque présidée depuis trois ans par Marcel Ospel. Tous officient dans la gestion de fortune transfrontalière (offshore) avec la clientèle américaine. La matinée sera instructive. A tour de rôle, quatre cabinets de conseil font un rapide topo des derniers trucs et astuces en matière de dissimulation fiscale. A la demande de la banque, lit-on sur un courrier électronique rendu public par la justice américaine, ils ont été invités «à présenter les structures et véhicules que vous recommandez à nos clients américains et canadiens qui ne désirent pas déclarer leur revenu ou leur capital à leurs autorités fiscales respectives». Une habitude? La routine, plutôt. Lire la suite